Le sentiment d'exclusion se renforce dans le Nord ivoirien
par Ange Aboa
BOUAKÉ, Côte d'Ivoire, 9 décembre (Reuters) - L'élection présidentielle en Côte d'Ivoire devait contribuer à réduire la division Nord-Sud en donnant aux Nordistes leur mot à dire sur l'avenir du pays, mais l'issue du second tour, le 28 novembre, a encore renforcé leur sentiment d'exclusion.
Les peuples du Nord, commerçants, musulmans, proches culturellement du Burkina Faso et du Mali voisins, se plaignent d'avoir été marginalisés pendant des années par les gouvernements successifs issus du Sud rural et chrétien.
La rhétorique populiste appelant à priver de citoyenneté et de droit de vote certains habitants du Nord est à l'origine de la guerre civile de 2002-2003 qui a abouti à la partition du pays.
La tension qui prévaut depuis l'annulation de la victoire du Nordiste Alassane Ouattara par le Conseil constitutionnel et la prestation de serment de son rival, Laurent Gbagbo, est particulièrement palpable à Bouaké, où chaque électeur a vu son bulletin invalidé.
"J'ai voté pour rien", se plaint Basile Koffi, un négociant. "C'est une exclusion. C'est comme si je n'étais plus ivoirien."
CICATRICES DE LA GUERRE
La ville de Bouaké, dans le Nord contrôlé par les Forces nouvelles (ex-rebelles), porte encore les cicatrices de la guerre de 2002. Continued...
